| Guatemala
29 juillet
Départ
du Mexique
21
heures, c’est le départ du bus pour 12 heures
de trajet. On doit normalement arriver à 9 heures du
matin à Tapatchula à la frontière du
Guatemala mais côté mexicain. L’idée
ensuite est d’aller au lac Atitlan dans la ville de
Panajachel. On avait grosso modo estimé un itinéraire
qui devait nous mener au lac en 6 heures de temps en prenant
plusieurs bus.
30
juillet
Tapatchula
(frontière du Guatemala)
Vers 9 heures, on arrive enfin à Tapatchula, un peu
dans le pâté, il nous faut trouver un moyen de
transport pour Talisman à 10 kms. Là-bas, c’est
le poste frontière avec la ville d’El Carmen
côté guatémaltèque. Pas facile
ici de trouver les bonnes infos ! On négociera finalement
un taxi avec un couple de Belges. A 3 devant, 3 derrière
et 5 sacs à dos, on est un peu à l’étroit
mais le voyage ne dure qu’une petite demi-heure. On
arrive au poste frontière guatémaltèque.
Des sortes de touc touc pour parcourir les quelques 700 mètres
attendent le touriste. Courageux, nous les ferons à
pied. Des locaux avec une carte officielle dans la main proposent
de changer nos pesos en quetzals. Ils ont des liasses dans
la main et les taux se négocient au même rythme
que l’achat d’un masque maya. Dans ces conditions,
on changera le minimum… ce qui s’avérera
une mauvaise idée.
Côté guatémaltèque c’est
un foutoir sans nom. Entre les frontières (dans une
zone de sans droit ?) des dizaines de personnes nous inondent
d’informations jusque devant le guichet de la douane.
Le tampon accolé sur notre passeport est très
élégant ! Les 20 minutes qui suivirent furent
les plus stressantes de cette première semaine. Chacun
autour de nous y allait de sa solution pour nous permettre
de rejoindre notre destination finale, le lac Atitlan / Panajachel.
Il n’y a que 300 kms mais c’est compliqué.
Les gens sont de plus nombreux autour de nous et d’un
coup on se remémore les nombreux avertissements lus
dans les guides ou sur des sites officiels : ici c’est
dangereux. On tue, on vole, on viole pour quelques quetzals,
paraît-il ! On doit surveiller nos bananes, nos petits
et grands sacs à dos tout en essayant de comprendre
comment partir d’ici. Un bus d’une compagnie officielle
est devant nous. Il dit pouvoir nous emmener sur la route
de Panajachel sans qu’on ne comprenne bien où.
Les autres nous proposent des taxis collectifs ou privés
pour aller on ne sait où. C’est le bordel, on
n’y comprend plus rien. Le bus va partir. Le chauffeur
lui-même avec son costume flambant neuf et ses galons
sur les épaules viendra nous dire qu’en l’honneur
de son costume officiel on peut lui faire confiance. On lui
fera confiance ! D’un coup un bonheur certain nous envahit.
Le bus est encore plus confortable que notre bus de nuit mexicain.
Les fauteuils sont hyper moelleux, la clim est à point,
le paysage de forêt tropicale et de montagnes est sublime
On aperçoit même au loin un volcan en activité.
Et dans le fond du bus, il y a aussi une chorale guatémaltèque
qui nous fait des chœurs merveilleux. Je crois qu’à
ce moment là, on s’est tous dit : « Putain,
c’est bien le Guaté ! ».
Cette situation a dû durer une bonne heure, on somnolait
à moitié éprouvés par notre 14ème
heure de bus quand d’un coup une hôtesse (si si
il y avait une hôtesse !) vient nous taper sur l’épaule
: « Ola, por vosotros, es aqui ». A ce moment
là, je crois que je n’étais plus sûr
de comprendre l’espagnol. Et pourtant si, le bus nous
déposait, nous seuls, à un croisement de 2 nationales
au milieu de la montagne. Elle nous dira que notre route est
à gauche, le bus s’en alla à droite. Et
là, c’est le chapitre 2 des recommandations sur
le Guaté. Ne jamais se retrouver sur des routes isolées.
Au carrefour, un type a crevé avec sa voiture. J’engage
la conversation, lui demande s’il veut de l’aide
et si c’est dangereux ici. J’ai super envie d’être
copain avec lui ! Quelques minutes plus tard, un school bus
version bariolé aux couleurs locales stoppe devant
nous. Trois types descendent en hurlant, nous arrachent nos
sacs et les jettent sur le toit. Poussés au fond du
bus, nous nous entasserons sur d’étroites banquettes,
mais c’est le bonheur quand même. Il nous emmènera
à Quetzaltenango une heure plus tard, à mi-chemin
de notre voyage
Quetzaltenango
L’arrivé à Quetzaltenango n’est
pas mal non plus. Le terminal est dans un faubourg de la ville
au milieu de nulle part. Les bus sont stationnés dans
la plus parfaite anarchie sur un terrain vague. Plus loin,
on voit un marché à même le sol. La boue
et les ordures donnent au lieu une impression de désolation.
A ce moment, il doit nous rester en poche 40 Q (5 euros environ)
et il n’y a, c’est sûr, aucune banque autour.
On n’a même pas assez d’argent pour le voyage.
Il ne manquait certes pas grand chose mais le chauffeur nous
en fera cadeau !
Nous voilà donc repartis pour 2 heures trente de bus
avec une bouteille d’eau pour trois et plus d’argent
en cas d’imprévu. Dans le bus, pas la peine de
penser faire la sieste, on est 3 par banquette de 2. Dommage,
j’en rêvais ! On a grimpé des cols, il
faisait froid, on est descendus, il faisait chaud, remontés,
redescendus et on est arrivés. On est partis la veille
à 21 heures, il est 16 heures. Après 19 heures
de route on a enfin le lac Attitlan en ligne de mire.
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